Lhistoire du BNA, du FNG et du CdB est étroitement liée à laugmentation de la mobilité au niveau national et international. Le processus historique qui a permis de mettre en place le système efficace dassurance et de protection des victimes des accidents de la circulation que nous connaissons aujourdhui est jalonné par la signature de différentes conventions.
Lhistoire du BNA
- la Convention sur la Carte verte
- la Convention de Londres (remplacée par le Règlement Général)
- la Convention multilatérale de garantie, dite Convention dimmatriculation (remplacée par le Règlement Général)
- le Règlement Général (en vigueur depuis le 1.7.2003)
- la Convention sur la protection des visiteurs
La Recommandation n° 5 élaborée en 1949 par les Nations-Unies à Genève (commission économique pour lEurope, sous-comité de la circulation routière) invitait les gouvernements des pays européens à adopter des normes uniformes pour que les victimes daccidents de la circulation, dans lesquels est engagée la responsabilité civile dun automobiliste étranger, bénéficient dune protection suffisante. Il sagissait donc daméliorer la protection des victimes nationales daccidents de la circulation face à des personnes responsables étrangères. Il sagissait de ne plus obliger les victimes daccidents de la circulation à faire valoir leurs droits à létranger. Deux éléments particuliers devaient être pris en considération : dune part, le fait que laccident ait été causé par un véhicule étranger ne devait pas désavantager la personne lésée (protection des victimes). Dautre part, les automobilistes ne devaient pas être retardés au passage de la frontière par de longues formalités douanières, au motif quils devaient satisfaire, au moment dentrer dans le pays, aux obligations de ce pays en matière dassurance.
Le système de la carte verte a permis duniformiser les critères exigés en matière dassurance au passage de la frontière et dharmoniser le règlement transfrontalier des sinistres. Au début des années 50, la Convention de Londres a donné corps à la Recommandation de lONU en introduisant la carte internationale dassurance automobile (appelée carte verte), et la Convention multilatérale de garantie a remplacé en 1973 la carte verte par la plaque dimmatriculation ordinaire du véhicule. Tous les pays de lUE et de lEEE, de même que Andorre, la Croatie et la Suisse, ont ratifié à ce jour la Convention multilatérale de garantie. La carte verte nest plus exigée pour circuler entre ces pays, limmatriculation sert dattestation dassurance. Au 1er octobre 1993 est entrée en vigueur la « Convention sur les fausses plaques dimmatriculation», signée par tous les Bureaux des pays parties à la Convention internationale de garantie. La règle voulait quen cas de plaques dimmatriculation fausses ou contrefaites, lobligation de couverture incombait au pays ayant délivré en dernier les plaques dimmatriculation ordinaires. Cétait la règle en vigueur jusquà fin juin 2003. Depuis le 1er juillet 2003, sapplique lart. 11.2 du Règlement Général qui veut que, pour les fausses plaques dimmatriculation, soit considéré comme lieu de stationnement habituel du véhicule le lieu de laccident, de sorte que lobligation de couverture revient au fonds de garantie du pays de laccident. (Cette règle ne sapplique pas encore au Portugal, ni aux véhicules en provenance de ce pays, ce dernier a émis une réserve).
Le 1er octobre 1993 est entrée en vigueur la Convention officielle «sur les fausses plaques dimmatriculation», ratifiée par tous les Bureaux signataires de la Convention multilatérale de garantie. Lorsque la plaque dimmatriculation dun véhicule était fausse ou falsifiée, le pays compétent était celui ayant procédé à la dernière immatriculation régulière. Cette convention a été abrogée avec effet au 11.6.2007.
Le 1er janvier 1996 est entré en vigueur la Convention sur les plaques dimmatriculation provisoires. Pour le détenteur du véhicule, la couverture dassurance expire à la date indiquée sur la plaque dimmatriculation provisoire. Les assureurs prenaient en charge une année supplémentaire de couverture. Cette Convention a expiré le 11.6.2007.
Le système de la carte verte, resp. les conventions mentionnées, garantissent que la carte verte ou limmatriculation du véhicule constituent une attestation dassurance suffisante lors de lentrée dans le pays visité. Les véhicules étrangers qui passent la frontière sont réputés assurés, et ce conformément aux prescriptions minimales de couverture applicables dans le pays visité. De la même façon, les demandes dindemnisation en responsabilité civile à létranger sont couvertes selon les standards minimaux de couverture en vigueur dans le pays étranger concerné. Dautre part, le règlement du sinistre est effectué par un représentant de lassureur étranger agréé par le bureau national dassurance.
La Convention de Londres (remplacée depuis le 1.7.2003 par le Règlement Général)
La Convention de Londres se basait sur les principes généraux suivants, restés pratiquement inchangés et contenus aujourdhui dans la nouvelle convention (Règlement Général) en vigueur depuis le 1.7.2003:
1. Les assureurs RC automobile constituent dans chaque pays un bureau national dassurance. Ils sont membres de cet organisme central. Le bureau national dassurance fait lobjet de lagrément par le gouvernement de son pays. Ce bureau national dassurance a pour lessentiel une double fonction:
a) Celle de "bureau émetteur" (aujourdhui: bureau garant)
Cest dans sa fonction de «bureau garant» que le bureau national dassurance délivre aux assurés, par lintermédiaire de ses membres, la carte verte, document dassurance international standard (raison pour laquelle il est aussi désigné par «bureau émetteur»). Le principe qui sapplique en règle générale est celui de la territorialité. La carte verte délivrée par un bureau national est valable pour tous les véhicules circulant sur son territoire de compétence (CH: aussi pour FL, I: aussi pour Saint Marin et lEtat du Vatican, F: aussi pour Monaco, etc.). «Le bureau garant » est responsable du respect des engagements vis-à-vis du « bureau gérant », et est soumis à une responsabilité subsidiaire, aux côtés de lassureur, en ce qui concerne les obligations découlant du contrat de ce dernier ou découlant de la carte verte et des conventions dassurance.
b) Celle de "bureau gérant"
Dans sa fonction de «bureau gérant», le bureau national dassurance règle de façon générale les sinistres transfrontaliers en responsabilité civile causés sur son territoire par des véhicules étrangers munis de la carte verte ou relevant de la Convention dimmatriculation. Pour le règlement du sinistre, il applique les dispositions contenues dans les conventions internationales dassurance et celles contenues dans sa législation nationale. En cas de sinistre, cest le bureau du pays visité qui doit procéder au règlement et garantir au demandeur que lassureur dans la mesure où la créance est justifiée effectue lindemnisation.
Lassureur, dont la police est en règle générale soumise au droit du pays démission, ne peut pas opposer depuis létranger des dispositions contractuelles moins contraignantes.
Les règles sont les suivantes:
Au minimum (quelle que soit la couverture de départ) est garanti le standard minimum prévu par la législation du pays de laccident.
- Garantie conformément à la couverture dorigine, lorsque celle-ci est supérieure au standard minimum du pays de laccident (cela ne sapplique de façon multilatérale quà lintérieur de lUE, et en Suisse pour les véhicules entrant en Suisse).
- Impossibilité dinvoquer des exceptions découlant du contrat, dans la mesure où la législation du pays de laccident lexclut.
3. Les bureaux se garantissent mutuellement le remboursement des dépenses liées au règlement des sinistres. Le bureau émetteur de la carte verte doit garantir le remboursement de tous les coûts liés au sinistre sous réserve de présentation des justificatifs correspondants. Ce sont toutefois ses membres (les assureurs) qui doivent en première ligne satisfaire à ces obligations. Le remboursement effectué au « bureau gérant » se compose de lindemnisation versée, des frais externes liés au règlement du sinistre, de même que des honoraires de gestion du dossier dont le montant précis est fixé par le Conseil des Bureaux (CdB) et qui est censé couvrir tous les autres frais. Le remboursement ne couvre donc pas seulement lindemnisation des dommages, mais comporte aussi une taxe pour couvrir les frais de gestion du dossier.
4. De nos jours, tous les bureaux nationaux sont également membres dune organisation supranationale, le Conseil des Bureaux (CdB). Ce dernier garantit le bon fonctionnement du système de la carte verte. Son secrétariat se trouvait à Londres (il est actuellement à Bruxelles).
La Convention multilatérale de garantie (remplacée depuis le 1.7.2003 par le Règlement Général)
Dans la «Convention multilatérale de garantie entre bureaux nationaux dassureurs», appelée aussi «convention dimmatriculation» ou encore «convention des plaques», limmatriculation du véhicule remplace la carte verte en tant quattestation dassurance à létranger. Au fil du temps, les états sont devenus de plus en plus nombreux à soumettre limmatriculation dun véhicule à la condition de la présentation dune attestation dassurance en responsabilité civile. De cette manière, lautomobiliste navait plus besoin dune attestation dassurance supplémentaire. Cest la raison pour laquelle de nombreux états ont cessé de contrôler la détention de la carte verte.
La directive CE de 1972 a reconnu cet état de fait et décidé que la carte verte nétait plus obligatoire pour les véhicules ayant leur stationnement habituel dans un état membre et se rendant dans autre état membre. Cette directive communautaire a servi de base pour lélaboration de la Convention multilatérale de garantie qui sapplique aujourdhui à tous les pays de lUE (plus ceux de lEEE), Andorre, la Croatie et la Suisse.
Aux termes de cette Convention, est considéré de façon générale comme «pays dans lequel le véhicule a son lieu habituel de stationnement» le «territoire du pays dont le véhicule porte limmatriculation officielle». Cette définition est importante car, pour que la Convention multilatérale de garantie sapplique, le véhicule doit avoir son lieu de stationnement habituel dans un pays dont le bureau national est partie à la Convention. Cette convention est, comme son nom lindique, dapplication multilatérale entre les pays signataires.
La Convention multilatérale de garantie a été signée le 15 mars 1991 et sappliquait aux sinistres survenus après le 1er juin 1991. Les principes de cette Convention restent applicables dans le cadre de la nouvelle Convention, le Règlement Général, entré en vigueur le 1.7.2003.
Le Règlement Général
Cest le 1er juillet 2003 quest entré en vigueur le Règlement Général, adopté par lAssemblée générale du Conseil des Bureaux (CdB) en 2002. Il remplace la Convention de Londres et la Convention multilatérale de garantie et prévoit des règles uniformes pour la coopération entre bureaux nationaux. Les principes de lancienne Convention se retrouvent dans la nouvelle.
Les conventions de protection des visiteurs (UE/EEE)
Un jalon supplémentaire en matière de protection des victimes daccidents de la circulation est constitué par les conventions de protection des visiteurs que la Suisse, ou plus précisément le Bureau National Suisse dAssurance (BNA), a conclu depuis le 1er février 2003 avec tous les pays appartenant à lEEE, ainsi que la Croatie. Ces accords confèrent à une personne victime dun accident de la circulation à létranger (visiteur) la possibilité de faire indemniser le sinistre dont la réparation incombe à un assureur responsabilité civile étranger par le représentant de ce dernier dans son pays de domicile. Ce représentant procède au règlement du sinistre conformément à la législation du pays de laccident et selon les instructions de lassureur étranger.


